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Costume de cérémonie - 8 cents 1975 - Timbre du Canada

Costume de cérémonie 1975 - Timbre du Canada

Caractéristiques

  • Quantité : 15 565 000
  • Date d'émission : 4 avril 1975
  • Imprimeur : Ashton-Potter Limited
  • Dentelure : 12.5
  • Scott : #576

Description

La culture des Indiens du Nord s'est épanouie dans un vaste territoire qui s'étendait de la côte du Labrador jusqu'en Alaska et qui englobait le Québec, le Nord de l'Ontario et des Prairies et le bassin du fleuve Mackenzie. Les Indiens qui y vivaient appartenaient à deux groupes linguistiques: les Dénés (ou Athapascans), dont la langue s'apparente à certaines langues asiatiques, et les Algonquins. Les tribus dénés, les Kutchins, Peaux-de-Lièvres, Plats-Côtés-de-Chiens, Couteaux-Jaunes, Kaskas, Esclaves, Sékanais, Castor et les Chipewayans s'étaient établis dans l'Ouest. Les Saulteux, les Cris, les Cris de Mistassini, les Montagnais, les Naskapis et les Béothuks appartenaient à la famille algique. La Nation des Béothuks s'est depuis éteinte. Dans les rudes régions subarctiques, où la nourriture était peu abondante, les populations étaient éparses. L'hiver durant, les Indiens chassaient sur leur territoire isolé, en groupe d'une vingtaine de personnes apparentées. L'été venu, les groupes épars de chasseurs se réunissaient en bande près d'un endroit propice à la pêche ou d'un poste de traite. Un homme d'âge mûr prenait la tête. Il s'agissait d'habitude d'un chasseur émérite, d'un habile marchandeur ou d'un chaman réputé. En général, le chef de bande avait plus d'influence que de pouvoir. Chez ces tribus, où il n'existait ni cours de loi, ni prisons, ni institutions, religieuse ou civile, la crainte dictait la conduite de l'individu. Ceux qui manquaient à la tâche, presque quotidienne, de tirer leur subsistance de leur maigre environnement s'exposaient à la famine. Les Indiens pratiquaient la chasse, la pêche et la chasse au piège, mais se nourrissaient peu de plantes sauvages. Le caribou et le lièvre étaient le gibier principal dans la plupart des régions. Certaines tribus méprisaient la pêche, mais pour celles de la côte ouest, le saumon constituait une des principales sources d'alimentation. Ils l'attrapaient à l'aide d'un filet inventé peut-être par les Russes. Les Cris de la Baie James étaient maîtres dans l'art de prendre le gibier d'eau. Au Yukon, les chasseurs approchaient en canoë d'un orignal qui nageait, sautaient sur son dos et lui tranchaient la gorge. L'Algonquin et le Déné du Nord faisaient habituellement bouillir leur viande, mais à l'occasion la faisaient rôtir. Le plus souvent, on laissait sécher la viande et on la conservait dans les boyaux d'un gros gibier ou dans un récipient en écorce. D'autres tribus préparaient une sorte de pemmican en émiettant la chair de poisson qu'ils conservaient et servaient plus tard avec l'huile de poisson. On mangeait deux fois par jour; les plats en bouleau d'écorce et les écuelles de bois servaient de couvert. Les Indiens des régions subarctiques mangeaient beaucoup, car ils dépensaient beaucoup de calories pour combattre le froid et en chassant. Leur habitation était légère, facile à monter et à déménager. Le plus souvent, il s'agissait de tentes côniques. Des poteaux de bois droits, faciles à trouver, servaient de charpente; ils étaient recouverts d'écorce de bouleau ou de peaux d'animaux, légères à transporter. Chaque camp comptait deux à cinq tentes abritant chacune une ou plusieurs familles. Les Indiens fabriquaient aussi des plates-formes pour faire sécher la viande, entreposer leurs vivres ou exposer par respect les os du gibier qu'ils avaient tué. Grands nomades, les Indiens du Nord apprirent à voyager été comme hiver. Dans l'Est surtout, où maints cours d'eau sillonnaient les forêts denses et les marécages, les Indiens se déplaçaient en canoë. Les modèles pouvaient varier selon les régions, mais le plus courant était le canoë d'écorce léger, idéal pour le portage. Dans l'Ouest par contre, on empruntait rarement les cours d'eau ce qui n'empêcha pas, vers la fin des années 1800, les Indiens des régions montagneuses d'inventer une embarcation en peau d'orignal pour descendre les cours d'eau depuis leur camp d'hiver. Ces embarcations, dont certaines pouvaient mesurer quarante-sept pieds de long et sept de large pouvaient porter de plus grandes charges que les canoës. Les Indiens se laissaient entraîner au gré du courant; ils ne se servaient de pagaies que lorsque le courant devenait trop rapide ou quand ils accostaient. Lorsqu'ils transportaient les vivres sur terre, les Indiens se servaient de longues lanières étroites qui s'élargissaient au centre. Le porteur plaçait la partie plus large sur son front et attachait les extrémités à la charge qui pouvait peser plusieurs centaines de livres; ce poids reposait sur le dos du porteur. En hiver, les Indiens voyageaient également en raquettes qui les empêchaient de s'enfoncer dans la neige; ils transportaient leurs biens sur des traîneaux, qu'ils tiraient eux-mêmes. Peu de tribus fabriquaient des traîneaux, et ce n'est qu'après l'arrivée des Européens qu'on vit apparaître le traîneau tiré par des chiens d'orignal et raquettes. Les hommes taillaient les pagaies et les charpentes tandis que les femmes s'occupaient de la préparation du revêtement des canoës et du treillis des raquettes. Leur religion était intimement liée à la chasse. Pour savoir où se trouvait le gibier, on chantait des chants rituels et on interprétait les rêves. Les tribus ne manquaient jamais de vénérer et d'apaiser l'esprit des animaux qu'elles avaient tués. Le chamanisme toutefois avait plus d'importance que les rites religieux. Le chaman était un homme qui, croyait-on, détenait des pouvoirs surnaturels qui lui permettaient de faire le bien et le mal. L'esprit de la tortue lui servait de guide. Certaines tribus croyaient en la réincarnation. Les Indiens des régions subarctiques furent parmi les premiers Nord-américains à rencontrer des Européens. Les Béothuks ont sans doute eu des contacts avec les Vikings et ils ont certainement vu Jean Cabot. Dans ses récits, Cabot a d'ailleurs mentionné l'usage qu'auraient les Béothuks de peindre leur corps à l'encre rouge ce qui fit croire aux habitants de l'ancien monde que les Indiens avaient la peau rouge. Les nouveaux-venus et les autochtones ne tardèrent pas à échanger les réalisations techniques de leur civilisation, modifiant ainsi le mode de vie de chacun. Sans canoë, sans raquettes, et sans le remède indigène contre le scorbut, les Européens n'auraient pas pu survivre; les couteaux en métal, les pièges, les marmites et les fusils ont certes facilité la vie des Indiens. Ces derniers objets étaient troqués contre les fourrures; c'est ainsi que les Indiens furent amenés à se consacrer de plus en plus à la chasse au piège et à délaisser l'exploitation en commun des terres. Le Blanc leur «fit également cadeau» de la rougeole et de la vérole. Selon Samuel Hearne, l'épidémie de variole qui sévit de 1791 à 1782 ravagea 9/10 de la population athapascane du Nord. Les Européens, semble-t-il, n'ont pas contracté de maladies graves bien qu'ils aient rapporté la malaria, la syphilis et la mort noire d'autres parties du monde. M. Ray Webber a photographié les objets façonnés. On reconnaît de gauche à droite: un tambour, un omoplate séché de caribou, un «mitishi» (une amulette ornée de perles), une chapeau de femme, un crâne d'ours décoré, un jouet en forme d'ourson et un modèle réduit de canoë. Ce dernier est d'origine chipewayan; les autres objets ont été façonnés par des Montagnais-Naskapi. Ces objets ont été prêtés par le Royal Ontario Museum, les Musées nationaux du Canada et Alika Podolinsky-Webber. La vignette consacrée au mode de vie représente la «Danse du Kutcha-Kutchin», oeuvre de A.H Murray, imprimée originalement par M. & N. Hanhart Lithographers pour le livre «Arctic Searching Expedition» de Sir John Richardson. Les Postes canadiennes l'ont reproduite avec la permission des Archives publiques du Canada. M. Lewis Parker a dessiné le costume d'apparat de la tribu des Kutchins pour le timbre consacré aux costumes. M. Georges Beaupré a réalisé la vignette consacrée aux symboles graphiques qui représente un oiseau-tonnerre saulteux et une bande décorative qui ornait le manteau d'un Naskapi. M. Beaupré s'est chargé de la typographie de toute la série consacrée aux Indiens.
Canada. Ministère des Postes. [Communiqué de presse d'un timbre-poste], 1975.

Origine du visuel

Conçu par Georges Beaupré
D'après une peinture de Lewis Parker

Note

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