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Maîtres généraux des postes - 1896 à 1957

Par Philacanada    |   Mercredi le 29 mai 2019

Bien que les opérations postales au Canada remontent à 1755, le ministère fédéral des Postes n'a été créé qu'en 1867; jusqu'en 1851, l'administration des postes relevait des autorités britanniques. En 1981, les Postes sont devenues une société d'État. Aujourd'hui, les responsabilités d'un maître général des postes incluent généralement la gestion centralisée d'un centre de distribution du courrier, l'établissement d'itinéraires, la supervision du courrier et des employés et l'application des règles et procédures de l'organisation.

Voici une liste de plusieurs maîtres généraux des postes canadiens :

Sir William Mulock

1896 à 1905

Sir William Mulock, ministre des Postes, de juillet 1896 à octobre 1905

William Mulock naît le 19 janvier 1844 à Bond Head, situé dans la partie ouest de la Province du Canada (aujourd’hui l’Ontario). Sa vie durant, il se consacre à la justice et à la politique aux niveaux provincial et fédéral. Il participe ainsi à l’élaboration et à la réalisation de grands projets qui marqueront le développement du pays, des projets qui toucheront les réseaux de communication et, notamment, le système postal.

Après avoir été recruté comme avocat au Barreau de l’Ontario, en 1868, et être devenu le vice-recteur de l’Université de Toronto à partir de 1881 (il en sera le recteur en 1924), William Mulock accède au Parlement en 1882 comme député libéral de North York. Il siégera aux Communes pendant 23 ans. En 1896, sir Wilfrid Laurier, nouveau premier ministre du Canada, le nomme ministre des Postes. Il dirigera les destinées de ce ministère jusqu’au 15 octobre 1905.

Parmi ses grandes contributions au système postal canadien, on compte l’introduction d’une tarification postale uniforme à la grandeur de l’Empire britannique. C’est en effet à Londres en 1898, lors d’une conférence portant sur les tarifs postaux de l’Empire britannique, que William Mulock, qui représente le Canada à titre de ministre des Postes, propose l’adoption d’un tarif impérial unique et préférentiel de deux cents. Vers la fin du XIXe siècle, rappelons-le, le Canada commence à attacher une grande importance à son rôle en tant que membre de l’Empire britannique. Le pays accueille des milliers d’immigrants britanniques au cours du boom des années 1890 et 1900. Ces nouveaux immigrants forment une majorité ethnique qui sait se faire entendre. La proposition de Mulock, qui s’insère dans ce contexte, est donc retenue après avoir été adoptée par plusieurs représentants des possessions et territoires britanniques. Elle aura comme conséquence de faciliter les communications entre le Canada et le reste de l’Empire. Pour souligner cet événement, Mulock s’empressera d’ailleurs de concevoir et d’émettre un timbre-poste spécial de 2 ? célébrant la grandeur de l’Empire britannique.

En 1898, pour marquer le début de la poste impériale à un penny, Mulock a créé (avec l'aide de Warren L. Green) et émis un nouveau timbre affichant une carte du monde montrant diverses régions de l'Empire britannique en rouge. Ce timbre est devenu le premier timbres de Noël au monde.

De 1900 à 1905, Mulock assumera simultanément les deux fonctions de ministre des Postes et de ministre du Travail. En 1902, il participe aux négociations qui conduiront au parachèvement de la liaison par câble entre le Canada, l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Il contribue aussi, l’année suivante, à un projet visant à assurer la liaison par ondes radio entre le Canada et le Royaume-Uni.

En 1905, Mulock participe à une commission d’enquête sur la situation de la téléphonie au Canada. En tant que président du comité parlementaire chargé d’enquêter, Mulock se déclare ouvertement en faveur de la nationalisation des services téléphoniques offerts par les compagnies privées. Lors des débats à la Chambre des Communes qui mèneront à l’adoption de la motion en faveur de l’ouverture de l’enquête, il dira d’ailleurs : « [...] I must confess to a bias as regards the telephone, that bias would be that I cannot see why it is not as much the duty of the state to take charge of the telephone as it is to conduct the postal service. » (Official Report of the Debates) Il rencontre l’opposition de la compagnie Bell Telephone et du cabinet Laurier. L’étatisation des services téléphoniques est rejetée. Mulock quitte alors sa fonction de ministre des Postes. Il est ensuite nommé à la Cour provinciale de justice au poste de juge en chef de l’échiquier de la Cour suprême de l’Ontario. Et, en 1923, il devient président de la Cour d’appel de l’Ontario.

William Mulock se retire définitivement de la vie publique en 1936, à l’âge de 92 ans. Il sera plus que centenaire lorsqu’il perdra la vie, le 1er octobre 1944, à Toronto. Il est enfin intéressant de noter que son petit-fils, William Pate Mulock, suivra en quelque sorte les traces de son grand-père. Il sera comme lui député de North York, et ce, pendant quinze années et, comme lui toujours, il sera ministre des Postes sous Mackenzie King de 1940 à 1945.

Robert Miller Coulter

1897 à 1923

Robert Miller Coulter, naît le 9 septembre 1857 à Richmond Hill, situé dans la partie ouest de la Province du Canada ( aujourd'hui l'Ontario). Diplômé des universités de Toronto et de Victoria, il pratique la médecine à Aurora (Ontario) jusqu'en 1897, année pendant laquelle il entre en fonction comme sous-ministre au ministère fédéral des Postes. Cette responsabilité lui est confiée à la suite de la victoire en 1896 des libéraux de sir Wilfrid Laurier qui apprécient son implication politique. En fait, Coulter prend une part active aux affaires publiques de sa localité. Il est membre du conseil municipal et s'implique aussi dans la commission scolaire; il organise le North York Young Liberal Club et est également vice-président de la North York Reform Association. Rappelons que North York est la circonscription de William Mulock, le ministre responsable des Postes.

Au cours de son mandat, le système postal canadien connaîtra de nombreux changements. L'année suivant son entrée en fonction, et sur l'initiative du ministre William Mulock, les tarifs postaux sont uniformisés à l'échelle de l'Empire britannique. En 1908, le service gratuit de distribution postale en milieu rural est inauguré au Canada. En 1914, le poids maximum que peuvent avoir les colis pour être expédiés par la poste est doublé. Pendant la Première Guerre mondiale, Coulter veille à la mise en application de mesures postales spéciales et notamment de la censure dont il s'occupe en tant que président du Comité des censeurs. Il participe également à quelques conférences importantes. En 1906, il se rend à Rome à titre de délégué canadien à la Conférence de l'Union postale universelle. En 1920, il représente le Canada à la Conférence postale de Madrid. Enfin, Robert Miller Coulter quittera sa fonction de sous-ministre des Postes le 1er janvier 1923. Il mourra le 14 février 1926.

Louis-Joseph Gaboury

1923 à 1935

L. J. Gaboury, sous-ministre des Postes (deuxième à gauche), en train de discuter des arrangements en vue du premier service postal aérien international entre Montréal et Albany (New York), avec un autre bureau de poste.

Louis-Joseph Gaboury succède à Coulter. Né le 10 juin 1870 à Saint-Césaire, au Québec, il est l'un des rares Canadiens français à occuper un poste de haut fonctionnaire au sein du ministère des Postes. Il deviendra d'ailleurs sous-ministre après avoir travaillé vingt-cinq ans au service des Postes. Diplômé de l'Université Laval, Gaboury occupe d'abord un emploi temporaire au bureau des lettres mortes de Montréal à partir de 1899. En 1908, il devient l'assistant maître de poste au bureau de poste de Montréal. Pendant la Première Guerre mondiale, il est lieutenant-colonel au sein du Corps postal canadien. En 1919, on le retrouve directeur en chef des Postes de la division est. Deux ans plus tard, il accède au poste de directeur divisionnaire des services postaux. Et finalement, en 1923, il est nommé sous-ministre. Au cours de son mandat, il assistera à la mécanisation partielle du tri postal. Il soutiendra le développement du service aéropostal au Canada, service qui se développe à partir de 1928 alors que sont accordés les premiers contrats de transport aérien du courrier. Louis-Joseph Gaboury se retirera au milieu des années 1930 en raison de problèmes de santé.

Joseph Alexander Sullivan

1935 à 1945

John Alexander Sullivan devient sous-ministre des Postes le 14 août 1935. Né à Beauharnois, au Québec, le 15 août 1879, il étudie à l'Université Laval et acquiert une formation en droit sous la supervision du sénateur F. B. Beique. En 1906, il s'inscrit au barreau de Montréal. Sa grande implication dans le milieu juridique en sa qualité de membre de la Commercial Law League of America et du conseil général du Barreau de la province de Québec lui vaudra entre autres d'être nommé conseil du roi en 1921. Avocat mais aussi homme d'affaires, Sullivan sera directeur entre autres de la Sullivan Gold Mines, de la Consolidated Steel Foundries et de la Fisher Gold Mining. On le retrouve également en tant que capitaine sur la liste de réserve du 64e régiment.

Lors des élections générales de 1930, il sera élu à la Chambre des Communes comme député conservateur de Sainte-Anne (Montréal). C'est au terme de ce parcours qu'en 1935 il entre au service du ministère des Postes à titre de sous-ministre. Il y soutiendra notamment l'expansion des transmissions transatlantiques du courrier par avion. Il devra également veiller à la mise en application de mesures postales spéciales au cours de la Seconde Guerre mondiale. Notons encore que sa participation au Congrès de l'Union postale universelle tenu à Buenos Aires en 1939 sera remarquée : linguiste accompli, il s'y adresse en effet en espagnol. Enfin, après avoir servi les Postes pendant dix ans, Sullivan abandonne ses responsabilités de sous-ministre en juin 1945. Il sera remplacé par Water Turnbull, haut fonctionnaire des Postes qui fait partie de la nouvelle génération d'après-guerre.

Walter James Turnbull

1945 à 1957

Walter James Turnbull, sous-ministre des Postes, de 1945 à 1957.

Walter James Turnbull naît le 16 septembre 1896 à Toronto. À 18 ans, il réussit les examens d’entrée au ministère des Postes et y entreprend sa carrière. Il est d’abord recruté comme employé à la Direction du secrétariat à Ottawa. Puis, dans le contexte de la Première Guerre mondiale, il est transféré au bureau de la censure où il restera jusqu’à ce qu’il s’engage au sein de l’Aviation royale du Canada au cours des années 1918 et 1919.

La guerre terminée, Turnbull retourne aux Postes. À cette époque, le système postal canadien se développe rapidement, et il comporte plusieurs nouveaux services pour répondre aux besoins du public. Walter James Turnbull sera en fait le premier directeur des Relations publiques au ministère des Postes.

En 1936, ses services sont sollicités au bureau du cabinet du premier ministre du Canada, Mackenzie King. Il devient le secrétaire principal de King en 1939 et l’accompagne dans plusieurs tournées liées à l’organisation du ministère de la Défense. Cette même année, lors de la visite au Canada du roi George VI d’Angleterre et de son épouse, la reine Élisabeth, Turnbull est chargé de s’occuper des relations avec la presse afin d’assurer la couverture médiatique du couple royal. Le roi et la reine visiteront en effet plusieurs villes du pays, lors d’une tournée qui, entre autres, fera appel au patriotisme des Canadiens dans la perspective de la guerre qui se prépare. Walter James Turnbull assistera encore Mackenzie King dans le cadre d’événements importants : les Conférences des premiers ministres du Commonwealth en 1941 et en 1944; deux conférences importantes tenues à Québec en 1943 et 1944 et auxquelles participent Winston Churchill et Franklin D. Roosevelt; et, enfin, la Conférence des Nations unies tenue à San Francisco en 1946.

En 1945, fort d’une expérience de trente ans au service du gouvernement canadien, Walter Turnbull est nommé sous-ministre des Postes. Il veille à ce que soient rétablis les services postaux normaux au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Pendant les douze années de son mandat, il restructure différentes directions du ministère des Postes en procédant à un partage adéquat des responsabilités entre elles. Ces réorganisations ont pour but d’améliorer l’efficacité des directions postales. C’est encore lors de son passage comme sous-ministre des Postes que le service « tout par avion » (All-up service) est inauguré, le 1er juillet 1948. Ce nouveau service correspond à un développement important du transport du courrier par avion au Canada. En fait, le Canada est le premier pays au monde à offrir un service de transport aérien pour tout le courrier de première classe en transit à l’intérieur de ses frontières et dont le poids n’excède pas une once (28 gr).

Dans le cadre de son mandat, Walter James Turnbull participe à de nombreux congrès internationaux. En 1946, il assiste à titre de membre de la délégation canadienne au quatrième Congrès de l’Union postale des Amériques et de l’Espagne tenu à Rio de Janeiro (Brésil). Quelques mois plus tard, il représente le ministère des Postes du Canada à une conférence rassemblant l’Union postale universelle (UPU) et les Nations Unies à New York. En 1947, il présidera la délégation postale canadienne au Congrès de l’UPU à Paris. De même, en 1950, il conduira la délégation canadienne au Congrès de l’Union postale des Amériques et de l’Espagne à Madrid.

Sources : Bibliothèque et Archives Canada et Musée canadien de l'histoire